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Un an après les Etats généraux de l’automobile et à quelques jours du bilan des Etats généraux de l’industrie, le syndicat CFE-CGC, très représenté chez les constructeurs et équipementiers, a tenu à faire un bilan du secteur automobile et a précisé ses voeux pour l’avenir.
« La situation de la filière automobile est loin d’être réglée »
assure Gabriel Artero, président de la fédération de la métallurgie au sein du syndicat. Entre 2008 et fin 2009, entre 45 000 et 50 000 emplois ont été supprimés dans l’automobile, les acteurs de rang 2 et 3 étant les plus affectés. Selon le syndicat, outre la crise mondiale, c’est aussi la restructuration du secteur qui est en cause. « La consolidation est inévitable, nous devons en passer par là. Mais elle va continuer à se faire en détruisant des emplois », explique Dominique Chauvin, délégué syndical central adjoint. Et le chiffre devrait être considérable.
Sur les deux années à venir, le syndicat pressent un nombre de suppressions d’emplois équivalent à ceux déjà détruits. « 2010 devrait être aussi tendu que 2009, car les résultats des constructeurs pourraient être inférieurs », précise-t-il. Sur ce point, il rejoint le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Le syndicat évoque principalement l’effet néfaste de l’arrêt progressif de la prime à la casse.
Politique cohérente
Ce que réclame avant tout le syndicat, c’est une politique cohérente et globale de la part du gouvernement pour l’automobile. « On nous annonce que l’on va conserver l’usine de Flins. Très bien. Mais ce dont nous avons besoin en France, c’est d’une politique plus globale, d’une mise en cohérence des annonces, car pour l’instant nous ne savons rien de l’avenir de nos constructeurs et équipementiers », s’indigne Gabriel Artero.
Ce besoin de lisibilité ne semble pas avoir été satisfaisant lors des discussions des Etats généraux de l’Industrie, auxquels a participé Dominique Chauvin. « Les seules choses que nous avons réussi à obtenir comme garantie (et encore nous n’en sommes pas convaincus), c’est une nouvelle charte nationale et une production de deux millions d’unités en France, tous constructeurs confondus, jusqu’en 2013 », explique-t-il.
De son côté,le syndicat assure ne pas avoir la solution miracle pour résoudre le problème français. Mais le syndicat voit dans un retour sur le segment moyen et haut de gamme une issue à la crise. Il propose aussi un moratoire sur la sécurité de l’emploi. Pour l’heure, le syndicat attend les annonces du président de la République, issues de ces états généraux. « On ne se contentera pas d’effet d’annonce », assure Gabriel Artero.
Ambiance morose
Sur ce point, il alarme. « Il est demandé aux salariés de faire plus d’efforts, mais aussi de se serrer la ceinture sur le plan salarial. Nous sentons bien un effet de bouillonnement comparable à celui de l’année dernière. Tous les ingrédients sont là », assure Gabriel Artero. Les exemples de Molex, Caterpillar ou Continental sont encore dans les esprits.
Que ce soit chez PSA Peugeot Citroën, Renault ou chez les équipementiers Faurecia, Valeo ou Bosch, le sentiment semble être le même. Une ambiance morose. « Le personnel d’encadrement se sent laissé pour compte », précise Anne Valleron, délégué syndical central chez PSA Peugeot Citroën. La politique salariale 2009 du groupe a été limitée à une hausse de 0,5% du budget pour le personnel ouvrier ou employé, et le reste de la population dont les cadres n’ont vu aucune évolution de leur salaire en 2009. Pour Valéo, le plan de départs volontaires a connu un succès plus important que prévu. 5% des salariés désireux de partir ne pouvant donc le faire. Chez Renault, on rappelle que l’année 2009 a été marquée par environ 45 à 50 jours de chômage, selon les sites. Le record étant pour l’usine de Sandouville (80 jours, selon Gérard Blondel, délégué syndical central dans le groupe). « Que sera l’année 2010 sur le plan salarial ? », questionne-t-il.
L’avenir : low cost ou électrique ?
Dans le groupe règne une autre inquiétude « La concurrence entre les marques Renault et Dacia. Cette dernière déploie une gamme complète avec des objectifs avoués de la direction commerciale de faire progresser les ventes en France. La marque Renault se trouve coincée entre Dacia et le low cost et Samsung et le haut de gamme », précise le délégué syndical.
Autant de problèmes qui ne seront pas résolus par le développement du véhicule électrique selon le syndicat. « Encore faut-il que soit mis en place une stratégie claire, encore une fois. On annonce Autolib. Oui, mais où sont les bornes ? », commente Gabriel Artero. Selon le syndicat, son essor ne pourra prendre que si l’Etat maintient la garantie de primes aux véhicules électriques. Mais jusqu’à quelle date ? Où se trouve la solution ? « Nous ne l’avons pas c’est certain. Nous demandons juste aux puissances publiques tout mettre en œuvre pour que nous puissions y réfléchir et éviter que par exemple la vallée de l’Arve ne disparaisse entièrement dans cette consolidation », explique Gabriel Artero.
Source : uisinenouvelle.com (Le 05 février 2010 par Barbara Leblanc)
Mise en ligne par service presse SMFC CFE-CGC Franche-Comté.
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Mis à jour (Dimanche, 09 Mai 2010 08:58)
















