Un nouveau projet européen consacré à l’intelligence artificielle au travail. Lancé au printemps 2026, AI Manage (« Gérer l’IA ») rassemble des partenaires sociaux européens, représentants des manageurs et des employeurs, pour établir un cadre cross-sectoriel de gestion des défis et des opportunités de la gestion algorithmique et des applications d'IA générative dans le monde du travail.
QUELLE EST LA DÉMARCHE ?
Partant du constat que « l’IA transforme rapidement le monde du travail, que son adoption s'accélère, et qu’il manque encore des orientations claires et pratiques sur son utilisation responsable en milieu professionnel », AI Manage, co-financé par la Commission européenne, vise à doter les manageurs et les employeurs - dans les grandes entreprises comme dans les PME - des principes, outils et compétences nécessaires pour utiliser l'IA de manière responsable et efficace sur le lieu de travail.
Une étude de terrain sera notamment menée en France et au Danemark afin d’analyser les effets de l’IA sur la productivité, les conditions de travail, la prise de décision managériale, la confiance et les relations entre manageurs et salariés.
QUI SONT LES PARTICIPANTS ?
Cinq partenaires sont à la manœuvre, en premier lieu la Confédération européenne des cadres (CEC) - coordinatrice et porteuse principale du projet -, voix de l’encadrement en Europe et présidée par Maxime Legrand, secrétaire national CFE-CGC en charge du secteur développement et influence.
Les quatre autres acteurs d’AI Manage sont franco-danois avec la CFE-CGC, représentée par Marielle Mangeon (membre du comité de pilotage du projet), secrétaire nationale en charge du secteur économie, prospective et gouvernance ; l’U2P, la troisième organisation patronale représentative en France ; Lederne, une organisation danoise de manageurs (135 000 adhérents) ; et Danske, la Chambre de commerce danoise et organisation patronale représentant 18 000 entreprises.
L’expertise académique du projet est assurée par la chercheuse et professeure allemande Theresa Treffers (Université technique de Munich), experte internationale en recherche sur l’IA.
Pour la CFE-CGC, qui en appelle par ailleurs à une négociation nationale interprofessionnelle en France sur l’IA, il s’agit d’un nouveau projet structurant après son implication dans les initiatives Dial-IA (dialoguer sur l’IA) et SeCoIA Deal (« Servir la confiance dans l’intelligence artificielle par le dialogue »), et la publication de son guide des IA.
QUELS SONT LES LIVRABLES ATTENDUS ?
AI Manage doit d’une part déboucher sur une étude longitudinale (LFS) sur l'IA au travail avec des travaux académiques et des expériences terrain menées par des manageurs et des employeurs dans différents secteurs, impliquant grandes entreprises et PME.
Et d’autre part sur la production de divers outils afin d’outiller et de former les manageurs pour leur permettre d'évaluer les défis du management algorithmique (recrutement, évaluation, suivi de la performance, développement) et les opportunités de l'IA générative pour améliorer les processus de travail.
QUEL EST LE CALENDRIER ?
D’une durée de 24 mois, AI Manage a été officiellement lancé en mai dernier à Bruxelles. Mi-septembre, les partenaires du projet se sont réunis à Copenhague (photo ci-dessus) lors d’un atelier consacré aux compétences, aux pratiques et aux outils nécessaires pour permettre aux dirigeants de faire face aux transformations liées à l’IA.
La prochaine conférence se tiendra à Malte courant novembre.
Mathieu Bahuet