Manifeste pour l’industrie : des convergences avec la CFE-CGC

21/09/2026

Devenues des thématiques majeures du débat politique, économique et social, l’industrie française et les enjeux de réindustrialisation figurent au cœur du « Manifeste citoyen pour une renaissance industrielle » présenté à Paris le 15 septembre lors d’une conférence de presse organisée au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) par le collectif citoyen « Penser notre Renaissance industrielle ». Celui-ci ambitionne de « dessiner le chemin vers une France qui innove, produit et en est fière » en formulant un socle de propositions thématiques.

UN COLLECTIF PLURALISTE ET APARTISAN

Coanimé par Olivier Lluansi (professeur au Cnam, ancien délégué général chez la Compagnie de Saint-Gobain) et Virginie Saks (consultante chez Compagnum, spécialiste de la relation industrie-territoire et directrice exécutive à l’ESSEC Businnes School), composé de personnalités de la société civile – industriels, syndicalistes, élèves-ingénieurs, économistes, enseignants-chercheurs, élus locaux -, ce collectif pluraliste et apartisan a coordonné une dizaine de conférences depuis un an pour élaborer le Manifeste et nourrir le débat public avant les échéances électorales de 2027.

DES PROPOSITIONS POUR FAVORISER LA RENAISSANCE INDUSTRIELLE

« Après 40 ans de désindustrialisation choisie en France, nous croyons qu’une industrie qui décroit ou stagne n’est pas compatible avec les défis sociaux, environnementaux ou géopolitiques auxquels nous faisons face, explique Olivier Lluansi. Dans ce Manifeste, nous formulons des propositions pour protéger notre tissu industriel. La renaissance industrielle suppose un mouvement rassemblant l’État, les entrepreneurs, les salariés et leurs représentants, les territoires. Notre démarche vise à passer de l’intention à l’action avec un effet "boule de neige" en embarquant un maximum d’acteurs : politiques, partenaires sociaux, associations, collectivités locales et citoyens. »

Sur une cinquantaine de pages, le Manifeste présente notamment « cinq mesures consensuelles et de bon sens » : réorienter la commande publique vers le fabriqué en France ; clarifier l’organisation administrative et stabiliser le cadre réglementaire ; orienter l’épargne des Français vers l’investissement industriel ; appuyer la stratégie industrielle par une gouvernance davantage territorialisée ; former aux savoir-faire industriels et revaloriser les métiers techniques et les filières professionnelles en lien avec les besoins des territoires.

Sont aussi présentées « quatre mesures consensuelles sur le principe, avec des éléments de débat sur leur périmètre » : anticiper et sécuriser la transmission des entreprises industrielles ; trouver un équilibre sur la question du foncier industriel ; garantir un prix compétitif de l’énergie et assurer la décarbonation ; allouer 3 % du PIB à la R&D et l’innovation pour la montée en gamme technologique de l’outil productif.

Le Manifeste propose enfin cinq réflexions, qualifiées de « bifurcations », sur des choix de société que le collectif souhaite mettre en débat : Pacte social et fiscal, inversion de la logique administrative, moteur territorial, planification écologique et productive, rééquilibrage de la gouvernance.

LA CFE-CGC AFFICHE SON SOUTIEN À LA DÉMARCHE 


Présent au Cnam pour la présentation du Manifeste, Bruno Aziere (à droite sur la photo), délégué national à l’industrie, a témoigné devant les journalistes du soutien de la CFE-CGC à la démarche. « Nous affichons la même ambition - remettre l’industrie au centre du projet économique et social du pays - et portons ce discours à la confédération et auprès de nos fédérations industrielles. Des représentants de la CFE-CGC ont participé à plusieurs tables rondes thématiques pour apporter nos analyses. »

Mobilisée à tous les niveaux de la négociation collective avec ses militants en faveur d’une industrie forte pour passer d’une gestion réactive des crises industrielles à une véritable stratégie de souveraineté productive de long terme, la CFE-CGC ne manquera pas de faire valoir ses revendications dans le débat public à l’approche des grandes échéances de 2027.

L’ANALYSE DE CHRISTIAN TAXIL, SECRÉTAIRE NATIONAL CFE-CGC EN CHARGE DU SECTEUR INDUSTRIE, SOUVERAINETÉ ET ENVIRONNEMENT

« Notre soutien porte bien sur la démarche, le dialogue et la mise en débat, et ne vaut pas adhésion automatique à l’ensemble des analyses ou propositions, notamment aux différentes "bifurcations". Le mérite de ce Manifeste est de montrer qu’une politique industrielle ne peut plus être pensée en silo. Énergie, recherche, compétences, financement, foncier et territoires doivent être mis en cohérence dans la durée. Pour la CFE-CGC, cette ambition doit s’accompagner d’exigences claires : conditionner les aides publiques à l’emploi, à l’investissement et à la formation, renforcer l’ancrage territorial, et donner aux salariés une place réelle dans les choix stratégiques qui engagent l’avenir des entreprises. »

L’ANALYSE DE BRUNO AZIERE, DÉLÉGUÉ NATIONAL CFE-CGC À L’INDUSTRIE

« À travers le soutien que nous apportons à cette démarche, nous portons une ambition : faire de l’industrie un pilier central de notre projet de société pour demain. Construire collectivement une véritable stratégie industrielle, c’est nous donner les moyens de préserver nos choix en matière de transition écologique, d’emploi et de modèle social. »

Mathieu Bahuet